Écrans et enfants : quelles règles selon l'âge, de 1 à 11 ans
Écrans enfants : aucun écran avant 3 ans, usage court de 3 à 6 ans, pas de téléphone avant 11 ans. Les règles officielles par âge et des gestes simples.

Le dîner est presque prêt, votre enfant de quatre ans s'agite, et le dessin animé sur la tablette vous tend les bras. Ce petit dilemme du soir, presque tous les parents le connaissent.
Pour les écrans enfants, les repères officiels français tiennent en trois paliers : aucun écran avant 3 ans, un usage rare, court et accompagné entre 3 et 6 ans, puis une exposition modérée et encadrée après 6 ans. Pour le téléphone portable, la commission d'experts réunie en 2024 juge qu'il n'est pas opportun d'en confier un avant 11 ans. Le reste, c'est une affaire d'organisation familiale, et elle s'apprend.
Écrans enfants : ce qui est interdit, recommandé ou laissé à votre choix
Les messages sur les écrans se contredisent parfois, parce qu'ils ne relèvent pas tous du même registre. Le tri suivant aide à y voir clair.
- Ce qui est interdit : depuis l'arrêté du 27 juin 2025, il est interdit d'exposer un enfant de moins de 3 ans à un écran dans les lieux d'accueil du jeune enfant (crèches, haltes-garderies, assistants maternels). Chez vous, aucune loi ne s'applique, mais la recommandation va dans le même sens.
- Ce qui est recommandé : les repères par âge du carnet de santé, d'Ameli et du ministère de la Santé, appuyés sur le rapport « Enfants et écrans. À la recherche du temps perdu », remis au président de la République le 30 avril 2024.
- Ce qui relève de votre choix : le créneau, le type de contenu, le dessin animé du dimanche ou non. Les règles officielles posent un cadre, pas un emploi du temps.
Depuis janvier 2025, ces recommandations figurent d'ailleurs dans le carnet de santé remis à chaque naissance.
Avant 3 ans : pas d'écran, même en fond
C'est le palier le plus net. Le ministère de la Santé indique qu'avant 3 ans, l'exposition aux écrans est proscrite, y compris en bruit de fond. La télévision allumée pendant que l'enfant joue compte donc aussi.
Pourquoi une telle fermeté ? Le tout-petit apprend à parler et à comprendre les émotions dans l'échange avec les adultes. Ameli rappelle que l'usage des écrans par les parents en présence de jeunes enfants peut ralentir le développement du langage. Les experts parlent de technoférence : l'écran qui s'interpose dans la relation, même quand c'est celui de l'adulte.
Une exception est admise par Ameli : l'appel vidéo avec la famille éloignée. Mamie en visio le dimanche ne fait pas partie du problème.
De 3 à 6 ans : occasionnel, court et accompagné
Entre 3 et 6 ans, le carnet de santé et la commission parlent d'un usage occasionnel, limité à des contenus à qualité éducative et accompagné par un adulte. Ameli donne un ordre de grandeur utile : des sessions courtes, pas plus de 30 à 40 minutes par jour, en évitant la télévision et les écrans non interactifs.
Quelques gestes simples rendent ce cadre tenable :
- Regardez avec lui, et commentez ce que vous voyez ensemble.
- Choisissez un programme qui a un début et une fin, plutôt qu'un enchaînement automatique de vidéos.
- Évitez d'acheter une tablette personnelle à cet âge, comme le conseille Ameli.
- Proposez des alternatives qui occupent vraiment : livres audio, jeux de société, coloriage, jeu libre.
Le dessin animé qui sauve un dîner de temps en temps n'est pas un drame. Ce qui pèse, c'est l'habitude quotidienne et l'écran qui devient le seul moyen de calmer une colère.
De 6 à 11 ans : un usage modéré et encadré
Après 6 ans, la commission appelle à une exposition modérée et contrôlée, qui trouve sa place parmi des activités variées. Elle ajoute un constat franc : les jours d'école, les activités récréatives sur écran trouvent difficilement leur place une fois comptés le sommeil, le jeu, le sport et les devoirs.
Le ministère de la Santé décrit une progression : à partir de 6 ans, l'usage des appareils numériques avec un suivi parental renforcé, puis à partir de 9 ans les premiers pas sur internet, sur des appareils collectifs et accompagnés. Ameli conseille aussi de planifier des créneaux plutôt que de laisser l'écran revenir par petites touches toute la journée.
C'est aussi l'âge où le contrôle parental devient utile. Il ne remplace pas la discussion, mais il filtre les contenus inadaptés et aide à tenir les horaires convenus.
Et le téléphone portable ?
La commission estime qu'il n'est pas opportun qu'un enfant dispose d'un téléphone portable avant 11 ans, soit l'entrée au collège. À partir de 11 ans, s'il en a un, elle recommande qu'il ne permette pas de se connecter à internet. Le smartphone connecté vient plus tard, vers 13 ans, sans accès aux réseaux sociaux, et ceux-ci sont repoussés à 15 ans.
Pour un enfant de CM2 qui rentre seul, un téléphone simple, qui appelle et envoie des SMS, répond au besoin de sécurité sans ouvrir tout internet.
Cinq règles valables à tout âge
Certains repères ne dépendent pas de l'âge. Ils sont repris par Ameli, le ministère de la Santé et la commission :
- Coupez les écrans pendant les repas : Ameli juge leur suppression particulièrement importante à ce moment.
- Gardez téléphones, tablettes, consoles et ordinateurs hors de la chambre.
- Arrêtez les écrans le soir, au moins une heure avant l'endormissement selon le ministère, une à deux heures selon Ameli.
- Évitez l'écran pour calmer une crise ou en guise de récompense.
- Montrez l'exemple en limitant votre propre usage devant votre enfant.
L'écran du soir est l'un des premiers ennemis de l'endormissement. Notre article sur le sommeil de l'enfant de 1 à 11 ans donne les heures de sommeil par âge et un rituel du coucher qui fonctionne.
Aucun parent ne tient toutes ces règles tous les jours. Choisissez-en une, tenez-la deux semaines, puis passez à la suivante.
Quand s'inquiéter et à qui en parler
Un usage important ne signifie pas forcément une dépendance. Ameli invite en revanche à être attentif lorsque votre enfant :
- passe beaucoup de temps sur les écrans ou regarde des contenus non adaptés à son âge ;
- dort mal ou peu ;
- délaisse ses amis et s'isole ;
- manque ses activités sportives ou de loisir.
Chez le tout-petit, un retard de langage mérite aussi d'être signalé. Le premier interlocuteur reste votre médecin traitant ou votre pédiatre, lors des consultations de suivi. Si besoin, il oriente vers un centre médico-psychologique (CMP) enfant, un CMPP ou une consultation jeunes consommateurs (CJC), où les parents peuvent être reçus sans l'enfant.
FAQ
Un premier geste dès ce soir
Les écrans ne sont ni un poison ni une nounou : tout est question d'âge, de dose et de moment. Pour commencer, retirez ce soir les écrans de la table du dîner ou de la chambre, et observez ce qui change en une semaine. Si l'usage vous inquiète, votre médecin ou votre pédiatre peut vous aider à faire le point.
Cet article informe, il ne remplace pas l'avis de votre médecin ou de votre pédiatre. En cas de doute, consultez. En cas d'urgence, appelez le 15 ou le 112.

